Une collection éphémère en série limitée pour une insertion durable des artisans réfugiés

Cette nouvelle collection Traits d’union 4 réunit dix artisans et designers aux savoir-faire et cultures multiples. Du bijou, aux vêtements en passant par l’objet design, cette collection éclectique trouve son fil rouge dans le thème du trésor, impulsé par Faye McLeod, Visual Image Director chez LVMH. Chaque duo artisan et designer vous livre une création précieuse, originale et sincère. Puisée dans une histoire intime, un souvenir du pays ou une symbolique culturelle, ces objets sont autant de récits singuliers qui prennent forme grâce aux gestes techniques des artisans tel un trésor révélé au grand jour.

DENIS SOLOPOV, joallier russe

Denis Solopov a fait l’Université des Beaux Arts de Moscou, en design et création en joaillerie. Après l’université il a fait un stage spécialisé dans les pierres précieuses. A travaillé en tant que designer dans un grand atelier à Moscou, avec la visualisation 3D et la modélisation pour impression 3D (rhino, zbrach).

ANDY MIGEVANT, designer industriel et architecte d’intérieur

Après 6 ans d’expérience au sein de l’agence de design Patrick Jouin où il a dirigé le pôle design industriel, il décide en 2019 de se consacrer à ses projets, réalisations créatives et sensibles.

ALI MOUSAVI, lissier afghan

À l’âge de 10 ans, son père l’envoie apprendre le métier de lissier dans un atelier de tapis près de chez lui pendant un an et demi. Ils achètent ensuite un métier à tisser qu’ils installent chez eux ; c’est le début de la carrière d’Ali. Il fabrique alors des tapis sur commande avec quatre autres garçons du voisinage, supervisés par son père.

SANDRINE ALOUF, atmosphériste

Devant le constat que je ne rentrais dans aucune des cases auxquelles on voulait m’assigner, j’ai décidé d’inventer
un métier qui me permet d’être libre dans mon expression créative multiple (photo, design, architecture d’intérieur, création textile … ). Depuis, l’Atmosphériste que je suis, crée des voyages immobiles en offrant aux« clients- hôtes» des expériences uniques. Je conçois ainsi chaque projet comme une histoire à raconter où chacun a sa part d’interaction et de souvenir.

ANNA KARINA RAGA, bijoutière vénézuelienne

Anna-Karina a travaillé au Vénézuela en tant que bijoutière depuis qu’elle a 22 ans. Ce travail est sa passion, elle aime créer et surtout imaginer des bijoux en mélangeant pleins de matières, de pierres, tout ce qu’elle trouve. Elle a commencé ses bijoux en s’associant à une couturière. Ses bijoux sont multiples, elle peux faire une base de bracelet en crochet sur lequel elle ajoute des éléments de pièces, de matières, des fils d’argent, de cuivre et d’aluminium, du textile, des pierres semi-précieuses (cristal, perle, quartz, écaille de poisson, fruits de mer). Elle connait de nombreuses techniques et modèle le fil, le torsade, l’assemble.

MONICA TREVISANUT, designer

Depuis mes études aux Arts Décoratifs de Paris et à l’École Duperré en design matière, j’utilise le motif comme un code visuel instigateur de tissus, de surfaces, d’identités visuelles, d’espaces, de scénographies, d’objets… Les divers projets avec des maisons de mode et de décoration, les artisans du luxe, des grands magasins, des agences de design global et des institutions, m’ont permis d’explorer l’interaction entre les disciplines créatives. Après avoir accompagné dans leur communication et leurs événements des associations telles que The Shekhawati Project (sauvegarde du patrimoine peint du Rajasthan) et l’ADSF (accompagnement médical des femmes en situation de précarité et migrantes), il était évident de participer à un projet valorisant l’intelligence de la main et donnant vie aux rêves d’artisans réfugiés. J’attends de cette collaboration de retrouver la dimension humaine d’un échange sensible et privilégié avec un artisan et de pouvoir contribuer à la sauvegarde de savoirs-faire rares en co-créant une collection confidentielle.

GHAZALEH ESMAILPOUR, bijoutière iranienne

Née à Téhéran en Iran, elle y passe une partie de son enfance avant de suivre son père homme d’affaire à Mechhed. C’est en tombant un jour sur une exposition de bijoux traditionnels iraniens qu’elle a un véritable coup de cœur : charmée et déterminée, elle décide alors de se lancer dans la création de bijoux. Après 6 ans d’études à l’Université d’Art de Téhéran en artisanat iranien et en recherche artistique, elle commence à fabriquer ses propres créations et fait partie des premières à exposer des créations en bijouterie. Elle travaille dans son propre atelier, et est en parallèle assistante à l’université pour animer l’atelier bijou. Arrivée en 2004 en France pour effectuer sa thèse, elle met de côté sa passion et se concentre sur ses recherches. Elle obtient son doctorat d’histoire de l’art en 2014.

LOU LEYGNAC, designer

Mon parcours plutôt polyvalent, m’a amené à découvrir tout type d’artisanats. Que ce soit en Inde avec des tisseurs, au Maroc avec des céramistes ou des lisseurs… J’adorerais collaborer avec un artisan dans le textile, mais découvrir un autre matériaux serait super aussi. Savoir m’adapter est une de mes qualités.

KARAM KATERJI, ferronnier d’art syrien

Originaire de Hakassé en Syrie, pays de terres agricoles, Karam étudie à l’université d’Alep pour devenir ingénieur agronome. De retour dans sa ville d’origine après ses études, il ouvre un atelier avec son frère de fabrication de pièces de machines agricoles. Son entreprise grandit au fil du temps et il dirige alors une équipe de 15 personnes. Après 10 ans d’activité, il commence à travailler la ferronnerie d’art sur les machines de ses ateliers. Arrivé en France en 2016, il est bénévole dans l’association L’arbre à pain à Saint-Germain-en-Laye.

NINA CHALOT, designer

Nina Chalot est une designer indépendante basée à Paris, formée à l’ENSCI-Les Ateliers. Sa démarche comporte un aspect documentaire portant sur la relation au travail et à la fabrication, et des projets à fort ancrage contextuel en lien avec l’architecture. Elle conjugue actuellement le développement de projets personnels, l’enseignement et des collaborations avec différentes structures dans les domaines de la scénographie et du design.

KATAYON ATAYI, couturière iranienne

Née à Ispahan, elle déménage à Karaj en Iran à 7 ans. Elle suit une formation de professeur des écoles à l’université pendant 2 ans. Puis 1 an de couture à l’université. Elle travaille ensuite comme professeure des écoles jusqu’à ses 25 ans. Elle ouvre alors son atelier avec 2 amies. Elle y fabrique des vêtements pour femmes et enfants à Karaj. Elle quitte son pays en 2016 et arrive en France.

ANAÏS DOUGNAC, designer

Petite-fille de marionnettistes et de maroquiniers, fille d’une danseuse et d’un musicien, j’ai depuis toujours été passionnée par l’art, le geste précis, la matière et le savoir faire artisanal.

Après mes études de design de Mode à Paris (École Duperré et École Supérieure des Arts Décoratifs), je suis sélectionnée en 2009 pour participer au Festival de Hyères, festival international qui promeut la jeune création dans les domaines de la Mode et de la Photographie.

Je travaille ensuite en tant que costumière documentaliste et à la patine des costumes sur plusieurs longs métrages.

Par la suite, j’intègre le bureau de style de maisons comme Tila March, Claudie Pierlot, Sœur, où je suis en charge du développement des collections Maroquinerie et Soulier.

Actuellement en free-lance, je travaille en tant que Head designer/ DA/ Styliste senior- sur divers projets.

MARYAM KARIMI, couturière afghanne

Née à Kaboul. À 4 ans, sa famille pars à Téhéran, capitale iranienne. Après le secondaire, elle apprend le métier de couturière dans un atelier pendant 2 ans, puis elle ouvre son propre atelier accompagnée de son frère. Ils sont une dizaine, et montent et assemblent des vêtements à partir de coupes, puis les revendent. Elle repars en Afghanistan en 2013, où elle est animatrice radio, puis animatrice de télévision. Elle anime l’émission « Femmes et société » sur une télévision nationale, qui dresse des portraits de femmes actives. Elle arrive en France en 2017, et souhaite retrouver son métier de couturière-styliste.

 

MOHAMMED FARJ, bijoutier érythréen

Soudanais d’origine Erythréenne, Mohammed Osman découvre le métier de bijoutier à l’âge de 17 ans. Curieux et volontaire, il commence par des stages d’observation au cours desquelles il s’initie aux savoirs-faire et techniques. Il travaille ensuite en tant que vendeur dans une bijouterie pendant six années avant de rejoindre un atelier de bijouterie pour y pratiquer le métier. Il commence par travailler l’argent puis l’or à travers la création et la fabrication de bijoux.

SOPHIE PÉCHAUD, designer, bijoutière

Depuis 15 ans designer graphique freelance, je complète récemment mon parcours par un CAP bijouterie joaillerie. J’ai créé ma marque de bijoux Sorore. Passionnée par les métiers d’art et le travail de la main, intégrer la Fabrique Nomade est une suite logique dans mon parcours. Sa dimension sociale répond également à mon besoin de cohérence entre la pratique d’un artisanat et mes engagements de citoyenne. Je suis très curieuse. Il s’agit d’une rencontre multiple : autour d’un artisanat, une association et avant tout une personne, un artisan réfugié dont la vie semble si éloignée de la mienne mais avec qui je partage déjà un point commun : la bijouterie.

ZAMEN, menuisier afghan

CHLOÉ DE LA CHAISE, designer